Origine et Histoire du Carlin

L'origine de la race remonterait à 600 ans avant J.C. Confucius parle de "chiens courts du bout des lèvres". Les seules traces que nous ayons de ce chien sont des dessins très stylisés (comme tout l'art antique chinois). On parle alors de 3 chiens : le chien-lion, le pekingese et le Bas-Sze ; c'est de ce dernier que descendrait notre moderne carlin.

 La différence principale à l'époque entre le pekingese et le Bas-Sze était la longueur des poils de la robe et la forme de la queue. C'est un domestique, Wang Hou Chun chargé de l'élevage auprès des empereurs qui a consigné ses observations sur les chiens de ses maîtres.


Confucius

Du temps de l'empereur Hang Hsi, le Bas-Sze devait être aussi petit que possible, la peau élastique et le poil court. Il devait avoir sur la tête des plis dont le dessin devait rappeler autant que possible des caractères de l'écriture chinoise ; la préférence étant donnée à ceux possédant les 3 rides représentant le mot "prince".  Comme pour le pékinois certains Bas-Sze avaient des robes entièrement blanches. Malheureusement ces lignées se sont éteintes définitivement.


Empereur Hang-Hsi



William d'Orange 
le Silencieux

Le Bas-Sze est arrivé en Europe à l'époque de la dynastie Han. Le commerce de la soie bat alors son plein, avec notamment la Dutch East India Company. Marins  Portugais, Espagnols et Hollandais ont alors reçu souvent en cadeau des chiens lors de leurs visites officielles (habitude particulièrement remarquée du temps de l'empereur Kang Hsi).
En Hollande il prend le nom de Mopshund
(soit du verbe "mopperen" qui signifie ronfler, maugréer, soit de "mup" qui signifie visage tord). Sa notoriété prend une dimension particulière quand on apprit que William Prince d'Orange avait eu la vie sauve grâce à son mops "Pompey" qui l'avait réveillé pour le prévenir d'une attaque surprise des Espagnols.


Buffon : Doguin  

Lorsque William II d'orange rejoignit son épouse Mary en Angleterre il emmena avec lui ses mops qui prirent alors le nom de Pug (peut-être du latin pugnus = poing, ou par analogie avec les petits singes très fréquents chez les nobles aux 17° et 18° siècles).
 Chez les Espagnols il devint le Dogullo, et chez les Français il prit d'abord le nom de Doguin puis de Carlin en relation avec un acteur italien renommé (Carlin Bertonazzi) qui incarnait Harlequin avec le plus souvent un masque noir.


William Hogarth

Avant le XVIII° siècle nous avons peu ou pas de représentation du carlin dans des gravures ou tableaux. Il faudra attendre un peintre célèbre, William Hogarth, amateur de la race pour que nous puissions aujourd'hui apprécier la morphologie du pug à cette époque (tableau daté de 1730).
En 1786 Goya peint la Marquise de Pajeiros avec un pug.


Goya : 
Marquise de Pajeiros

En 1790 Joséphine de Beauharnais, alors qu'elle était emprisonnée chez les Carmes, envoyait des messages secrets à son mari Napoléon, cachés sous le collier de Fortune, son carlin. Celui-ci devait avoir un caractère un peu agressif car on dit que Napoléon fut mordu par lui pendant sa nuit de noces, et qu'il eut toujours beaucoup de mal à rejoindre Joséphine dans son lit.

Il fut très populaire dans toute l'Europe jusqu'à la fin du XVIII° siècle (époque de Georges III en Angleterre).Sa popularité lui valut aussi sa déchéance. Les pédigrees n'existant pas, des mélanges hasardeux ou volontaires avec d'autres races (bulldog entre autres) furent effectués. Le résultat  fut assez désastreux : le masque noir de la tête disparut peu à peu, le poil devint cotonneux, le caractère plus agressif. La Chine refusait alors de laisser partir ses chiens qui bénéficiaient  dans les Palais des Empereurs de statuts particuliers. Seule exception les carlins noirs qui sont très certainement venus de Chine.

 Heureusement l'Angleterre s'intéressait alors de près à la race avec principalement 2 courants de lignées : celle de Madame Willoughby d'Eresby et celle de Morrison. La première donnait des chiens à la tête le plus souvent noire, manteau charbonnée sur le dos, et corps légers et minces. Celle de Morrison donnait des chiens plus clairs, plus forts et plus cobs. L'apport d'un couple de Bas Sze de race pure ramené par les troupes anglaises, vainqueur de la guerre de Pékin en 1860, permit de relancer la race. C'est ce couple de chiens croisé dans les lignées Willoughby et Morrison qui a donné le pug tel qu'on peut le voir aujourd'hui.
A l'exposition canine anglaise de 1861 on comptait déjà 66 pugs !


le cinéma a beaucoup aidé à la promotion du carlin moderne