Origine et Histoire du king-charles spaniel

    Des diverses hypothèses concernant l'origine du King-Charles, la plus vraisemblable est la filière française du petit épagneul phalène de l'époque. Par croisement avec des races autochtones (chien de chasse spaniel) et plus tard avec des races plus exotiques (épagneul japonais et pékinois) la race a lentement évolué pour devenir celle qu'elle est aujourd'hui.

 

     Dans les premières représentations de king-charles sur des tableaux du XVI° siècle et jusqu'au XVIII° siècle l'influence du type épagneul nain continental est encore bien présente.

 

    En 1570, le naturaliste anglais John Kay (plus connu sous le nom de Johannes Caïus), médecin personnel et conseiller de la reine Elisabeth I, parle pour la première fois du petit épagneul anglais dans son "Canibus Britanicus". Il le cite sous le nom de "Spaniel doux" ou "Réconforteur", en référence à l'usage fait de ce chien par les dames de la Haute Société qui le mettent sous leurs robes pour se réchauffer les pieds, soigner les maux de ventre et attirer les parasites ailleurs que sur elles.
  


Johannes Caïus


Mary Stuart

     La reine d'Ecosse Mary Stuart importa de nombreux épagneuls français lorsqu'elle arriva de France sur le continent britannique. On sait qu'après son exécution en 1587 on trouva son petit épagneul favori noir et feu, blotti contre elle dans ses vêtements. On eut beaucoup de peine à l'enlever du cadavre qu'il ne voulait pas quitter

    

     Mais c'est en définitive Charles II d'Angleterre qui passionné par ce petit chien donna une reconnaissance officielle à la race anglaise en lui donnant son nom. Il y alla même d'un arrêté royal  pour permettre à ses toys spaniels d'avoir libre accès à tous les lieux publics ou lieux royaux ainsi qu'à n'importe quelle Cour ou palais.

     L'engouement pour la race continua sous Jacques II, mais diminua à l'avènement de William d'Orange, qui lui se prit de passion pour le carlin.


Charles II

     Le retour en grâce de la race eut lieu avec la reine Victoria, qui voua une grande passion pour les petits chiens de compagnie. C'est à partir de cette époque que le toy spaniel commença réellement à évoluer. Le carlin et le pékinois étant très à la mode les éleveurs concentrèrent leurs efforts de sélection sur la face plate et le crâne en dôme.

Princesse Victoria

     La première exposition canine eut lieu en Angleterre à Newcastle en 1859. La France suivit de peu en organisant sa première exposition en 1863 au Jardin d'Acclimatation du Bois de Boulogne. les pédigrees n'existant pas on y recevait tous les chiens y compris les croisés. A cette date l'ancien type est encore de mise. Plus pour longtemps et bientôt dans les expositions - qui deviennent de plus en plus fréquentes - le type face plate est le seul représenté.    


Napoleon, king-charles
médaille d'or à l'expo de 1863

Tableau "The Cavalier Pets"
de Edwin Landseer

     Croyant la race originelle en danger d'extinction un riche américain Roswell Elridge offrit à l'occasion de la Cruft's de 1926 une récompense de 25 livres à l'éleveur qui  recréerait l'ancien type avec pour illustration un tableau célèbre de Edwin Landseer. Le gagnant fut le propriétaire d'un petit épagneul nommé Ferdie of Monham. 

     En fait les deux morphologies existaient bel et bien et il devenait donc urgent de différencier les deux types. On garda au type à face plate la dénomination de king-charles et on décida d'affubler le"old type" du préfixe "cavalier".

    Jusqu'à Charles II les toys spaniels anglais semblent avoir été uniquement noir, noir et blanc ou rouge et blanc. Cette dernière couleur  est sans doute issue du spaniel italien. On l'appela plus tard bleinheim pour la raison suivante :
     En 1704, John Churchill, 1° duc de Malborough conduisit ses troupes contre les Français à Blenheim (petite ville de Bavière). Il était grand amateur d'épagneuls orange et blanc et en élevait avec son épouse. Un soir alors qu'elle tenait une chienne pleine sur les genoux , elle se mit à penser fortement à son mari en appuyant avec le pouce sur le front de sa chienne. 
     Son mari remporta la victoire sur les Français, et les petits de la chienne naquirent avec une marque sur le front que l'on appela "la marque du pouce de la duchesse Sarah". C'est depuis cette anecdote que l'on appela Blenheim les chiens orange et blanc avec une marque sur le front.


John Churchill
Duc de Malborough