Au-delà de la légende du lion amoureux d'une guenon donnant naissance au Pékinois, il reste indéniable que la race est fort ancienne. Elle connut un fort succès auprès des différents empereurs chinois qui en firent leur compagnon préféré. On retrouve nombre de représentations du pékinois dans les arts chinois (vases, fresques, sculptures....) datant de l'époque de Confucius. Dans les processions officielles des empereurs les pékinois avaient leurs places réservées et faisaient partie de l'étiquette.

C'est plus précisément à l'époque de l'empereur Kuang de Tao que ce petit chien prit le nom de pékinois. C'est aussi à cette époque que son élevage atteint les plus hauts sommets. Certains pékinois obtinrent même de très hautes distinctions en se voyant nommés "Vice-Roi" ou "Membre de la Garde Impériale". Le pékinois blanc se vit conféré un statut spécial de part sa couleur (qui est la couleur du deuil en Chine). Il fut l'objet de superstition car chacun croyait voir en lui l'esprit d'un grand homme disparu, et était le plus souvent gardé dans les temples où on le traitait avec le plus profond respect.


Empereur Kuang de Tao


Impératrice Tzu Hsi

C'est sous le règne de l'Impératrice Douairière Tzu Hsi que le pékinois fut représenté sous forme stylisée en compagnie de Boudha et qu'il prit le nom de "Lion de Boudha".

 


Lion de Boudha

Lorsque en 1860 les troupes alliées envahirent Pékin, 5 chiens furent trouvés dans un coin isolé du Palais d'été, à côté de leurs serviteurs qui avaient préféré se suicider plutôt que d'être capturés. L'Amiral Lord John Hay et un autre Officier Naval en prirent chacun deux. Le cinquième fut pris par le Général Dunne, qui l'offrit à son retour à la Reine Victoria. Elle le baptisa "Looty".


Looty

Les autres se retrouvèrent chez la Duchesse de Wellington et la Duchesse de Richmond. Cette dernière créera la première lignée anglaise sous l'affixe "Goodwood". 

En 1896 Madame Douglas Murray réussit à importer 2 autres très beaux pékinois de Chine : "Ah Cum" et "Mimosa". Les deux dames décidèrent d'unir leurs efforts pour le bien de la race.


Duchesse de Richmond

Pendant ce temps en Chine, après la mort de l'Impératrice Douairière, le long règne privilégié du pékinois s'achevait.  Les autorités décidèrent qu'il valait mieux tuer les petits chiens plutôt que de les voir tomber dans des mains indignes. Mais heureusement en Europe l'espèce était fort bien établie, et le massacre n'eut pas d'incidence notable sur l'évolution du pékinois.